La question de l’exploitation des mineures dans le village de Ba Mohamed, dans la région de Taza, a pris d’assaut les moteurs de recherche au Maroc et suscité des débats sur les réseaux sociaux, suite à la publication de nouvelles allégations concernant un incident qui a éclaté à la fin du mois de mai dernier, actuellement soumis à la justice.
La polémique a été alimentée par des craintes des organisations de défense des droits humains concernant des tentatives d’influence sur le dossier, coïncidant avec la diffusion d’allégations sur Facebook sur une tentative de personnes influentes de dissimuler l’affaire, ainsi que des déclarations faisant état d’agressions sexuelles sur les adolescentes dans une maison d’étudiantes.
Alors que les enquêtes judiciaires et policières se poursuivent sous la supervision du procureur général près de la cour d’appel de Fès, les associations gérant la Maison des étudiantes à Ba Mohamed ont publié un communiqué officiel le 4 juin 2026, niant catégoriquement tout lien de l’institution avec l’incident.
Début de l’affaire et ses détails
L’affaire a commencé il y a environ 20 jours, lorsqu’une élève a été surprise en train d’utiliser son téléphone dans une salle de classe. Le téléphone a été remis à l’administration de l’établissement scolaire, qui a découvert des images à caractère indécent. Après interrogatoire, l’élève a reconnu la présence d’autres filles qui se retrouvaient dans une maison particulière, ce qui a poussé l’administration à alerter immédiatement les autorités policières.
Les investigations se sont étendues à environ 10 à 14 mineures, soupçonnées d’avoir été victimes de conduite séductrice, d’exploitation sexuelle et de viol, avec des cas de grossesse chez au moins deux d’entre elles.
Les recherches initiales ont abouti à l’arrestation de six adultes, dont une femme soupçonnée d’avoir joué un rôle de médiation et de coordination. Les personnes arrêtées ont été présentées à un juge d’instruction à Fès, qui a décidé de les maintenir en détention.
Intervention des associations de droits humains
L’Association marocaine des droits de l’homme (section de Fès) a fortement réagi en envoyant une correspondance au procureur général près de la cour d’appel de Fès, exprimant sa vive indignation face à l’incident. L’association a averti des tentatives de « pressions » exercées par certains impliqués, qualifiés de « personnes influentes », pour exercer une influence sur les familles des victimes et étouffer le dossier.
Elle a également exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences de l’affaire sur les jeunes filles de la région, en particulier quant à l’augmentation du risque de décrochage scolaire.
L’association a demandé une enquête approfondie, la protection de l’intérêt supérieur des mineures, ainsi qu’un suivi psychologique et social, tout en veillant à ne pas divulguer l’identité des victimes.
Communiqué de la Maison des étudiantes : déni catégorique et actions légales
Dans sa première réponse officielle, les associations gérant la Maison des étudiantes (l’association caritative islamique du village, et l’association caritative Al-Najah) ont confirmé que les filles concernées par l’affaire n’avaient aucun lien avec l’institution et qu’elles n’y résidaient pas.
Le communiqué a déclaré : « Les deux associations exprimant leur profonde surprise et condamnant l’implication de l’institution de protection sociale en contradiction totale avec les faits réels ».
Il a souligné que la Maison des étudiantes est le fruit de l’Initiative nationale pour le développement humain et qu’elle fonctionne en coordination totale avec les autorités locales, les forces de sécurité et les établissements scolaires. Il a également mis en avant la stabilité de l’institution et les résultats scolaires remarquables des élèves qui y résident, considérant que certains médias et influenceurs sur les réseaux sociaux ont ignoré ces faits et se sont basés sur des informations inexactes.
Les associations ont immédiatement engagé une procédure judiciaire sous la supervision du procureur général contre quiconque a terni la réputation de l’institution, se réservant le droit de prendre toutes les mesures légales appropriées.
Les associations rassurent les familles des étudiantes et l’opinion publique que la situation au sein de la maison est marquée par la discipline, le respect et la pleine stabilité, appelant tout le monde à faire preuve de prudence dans le traitement des informations diffusées sur les réseaux sociaux et à se fier aux sources officielles.


