Dans un article analytique publié récemment, Daniel Robson, spécialiste des questions de radicalisation et de sécurité, a affirmé que le principal défi auquel le Canada est confronté avant d’accueillir les matchs de la Coupe du Monde de football 2026 ne réside pas dans les coûts ou les bénéfices économiques, mais dans la sécurité et la préparation sous pression.
Il a souligné que réussir dans ce domaine nécessite de transformer des années de planification en un système coordonné et résilient, et a explicitement appelé à tirer parti de l’expérience marocaine en matière de renseignement et de sécurité lors d’événements sportifs majeurs.
Le spécialiste a précisé que le Canada, qui accueillera des matchs à Toronto et Vancouver, fait désormais face à un dossier national complet englobant la gestion des frontières et la coordination avec les États-Unis et le Mexique. Il a indiqué qu’Ottawa avait dépassé les préparations symboliques en élaborant des directives spécifiques pour les spectateurs, les travailleurs et les bénévoles, en insistant sur le fait qu’il n’y a pas de visa spécifique pour le tournoi et que la possession d’un billet ne garantit pas l’accès.
Selon lui, ces mesures font partie intégrante de la préparation sécuritaire car un grand événement ne peut pas être sécurisé uniquement par la police, mais nécessite un système d’entrée organisé pour prévenir la fraude et réduire les frictions administratives.
Le spécialiste a souligné la pression à laquelle sont confrontées les villes hôtes, notant que Toronto a alloué un budget opérationnel de 226 millions de dollars canadiens, en plaçant la sécurité au cœur de ses préoccupations, tandis que Vancouver a confirmé un ajustement des réglementations temporaires pour gérer les espaces publics. Il a également mentionné une réunion trilatérale à Washington en mars 2026 rassemblant le Canada, le Mexique et les États-Unis pour discuter de l’échange d’informations, des menaces cybernétiques, des drones et de la désinformation.
L’expérience marocaine
Cependant, le point le plus marquant des déclarations du spécialiste était l’appel clair à tirer parti de l’expertise marocaine. Il a déclaré que les pays qui ont réussi à sécuriser des événements majeurs sont ceux qui ont élargi leurs partenariats tôt et assimilé des expériences utiles avant le pic de la pression. Il a cité trois exemples frappants :
- France : Avant les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’ancien ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a publiquement déclaré que “la France aurait été plus touchée par le terrorisme sans le renseignement marocain”, remerciant le Maroc pour son soutien en matière de renseignement.
- États-Unis : En janvier dernier, le FBI a visité le Maroc pour examiner les préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations, et cette semaine, l’ambassade américaine à Rabat a annoncé le choix du Maroc dans l’équipe de travail de la Maison Blanche pour renforcer la coopération sécuritaire pour la Coupe du Monde 2026.
- Qatar : Avant la Coupe du Monde 2022, le Maroc et le Qatar ont signé une déclaration conjointe concernant l’échange d’informations, le Maroc ayant contribué à un soutien en matière de renseignement et de cybersécurité.
Le spécialiste a conclu ses déclarations en lançant un appel clair au Canada : « Il est temps pour le Canada de s’appuyer sur ce qu’il a déjà accompli et d’élever ses ambitions en profitant dès maintenant de l’expertise marocaine dans la lutte contre la radicalisation, le terrorisme et les menaces hybrides ».
Il a souligné que le tournoi ne sera pas évalué uniquement par la capacité de chaque ville à sécuriser son stade, mais par la capacité des trois pays hôtes à gérer les lacunes entre leurs compétences sans causer de frictions sérieuses. Il a ajouté que le Canada a encore le temps de transformer sa préparation en une opportunité historique, non seulement pour réussir la Coupe du Monde, mais aussi pour laisser un héritage sécuritaire plus solide, plus intelligent et mieux connecté aux partenariats internationaux réussis, notamment grâce à l’expérience marocaine qui a maintes fois prouvé son efficacité.
À noter que les États-Unis ont annoncé cette semaine le choix du Maroc dans l’équipe de travail de la Maison Blanche pour renforcer la sécurité pendant la Coupe du Monde 2026.


