Des chercheurs marocains ont récemment révélé que le site fossilifère de la région de Mechouar, près de la ville de Midelt, a été victime d’un vol ciblant une plaque rocheuse rare contenant des empreintes de pas datant des ptérosaures (les reptiles volants de l’époque des dinosaures). Cet incident a été qualifié par ces derniers de perte scientifique « irréparable ».
Selon ce qu’a rapporté l’agence de presse espagnole « EFE », la plaque rocheuse volée mesurait environ 3,15 mètres de long et 1,5 mètre de largeur, et contenait une série rare d’empreintes de pas appartenant à ces espèces disparues, ce qui en fait l’une des découvertes fossiles les plus importantes sur le continent africain.
L’agence a précisé que le vol n’était pas entièrement imprévisible, car une partie de la plaque avait été remarquée comme manquante il y a un an, avant que, le mois de mai dernier, il soit découvert que la partie restante avait été découpée à l’aide d’une scie à pierre, puis disparue complètement.
Des chercheurs participant à une étude scientifique internationale récente ont indiqué que la publication des coordonnées précises du site dans un document de recherche a contribué de manière indirecte à sa découverte, ce qui a probablement facilité l’accès de personnes inconnues à ce précieux trésor scientifique et leur a permis de le cibler.
Des scientifiques participant à la recherche, dont des chercheurs du Maroc et d’Espagne, ont affirmé que la perte de ce site constitue un coup dur pour le patrimoine géologique, d’autant plus qu’il fait partie des rares sites en Afrique documentant clairement les traces des ptérosaures, avec des empreintes complètes des membres.
Bien que certains modèles du site aient été préservés précédemment grâce à des techniques d’imagerie tridimensionnelle, les chercheurs ont insisté sur le fait que ces copies ne peuvent remplacer la valeur scientifique et originale de la plaque rocheuse.
Pour l’heure, selon ce que rapporte l’agence « EFE » dans sa couverture de l’incident, aucune déclaration officielle n’a été émise par les autorités marocaines clarifiant les circonstances de cette affaire ou annonçant l’ouverture d’une enquête ou des procédures judiciaires liées au vol de la plaque fossile.
En revanche, les sources scientifiques sur lesquelles s’est fondé le rapport ont indiqué que des chercheurs marocains avaient déjà averti, il y a environ un an, du déclin de l’état du site et de la disparition progressive de certaines de ses parties, et avaient appelé à renforcer sa protection, ce qui n’a pas empêché le vol.


