Un rapport de sécurité français récent révèle que le Maroc figure en tête de la liste des pays où les personnes recherchées par la justice française sont suspectées de se réfugier, dans des données qui mettent en lumière les réseaux de criminalité organisée transfrontalière et les mécanismes d’évasion des suspects des poursuites judiciaires.
Selon ce qu’a rapporté la radio RTL, celle-ci a eu accès à une note secrète émise par le Bureau central de lutte contre la criminalité organisée en France (OCLCO), datée du 4 mai, intitulée « Les principaux pays refuges des personnes recherchées par la justice française ».
Le Maroc en première position
Les données présentées dans le rapport de sécurité indiquent que le Maroc se classe en tête avec 218 individus suspectés de s’être enfuis ou de se cacher sur son territoire, devançant l’Algérie, qui occupe la deuxième place avec 124 personnes recherchées.
Le rapport souligne que ces chiffres reposent sur une analyse d’une base de données contenant plus de 3 600 « notices rouges » émises par Interpol, concernant des personnes recherchées dans diverses affaires.
Différents types de criminalité selon les pays
Selon la même source, la répartition des personnes recherchées varie d’un pays à l’autre, certaines destinations étant liées à des types spécifiques de crimes.
Dans le cas du Maroc, le rapport précise qu’environ 49 % des personnes recherchées sont liées à des affaires de stupéfiants, tandis que 27 % relèvent de la criminalité organisée, et 11 % concernent des affaires économiques et financières.
Quant à l’Algérie, on suspecte qu’environ 47 % des personnes recherchées soient impliquées dans des délits de droit commun, en plus de 25 % dans des affaires de criminalité organisée, et 21 % liées aux stupéfiants.
Les Émirats et Israël : principalement des crimes financiers
Le rapport indique également que des pays comme les Émirats Arabes Unis et Israël sont des destinations privilégiées pour les personnes recherchées dans des affaires financières et économiques, leur proportion atteignant 38 % aux Émirats et 91 % en Israël.
Une carte d’évasion qui s’étend au-delà de l’Europe
La liste inclut aussi d’autres pays comme la Turquie, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Sénégal, la Serbie et la Thaïlande, ce qui témoigne de l’élargissement des mouvements des personnes recherchées en dehors du continent européen.
Les rédacteurs du rapport soulignent que « peu de pays acceptent d’extrader leurs citoyens », ce qui complique les opérations d’arrestation et rend la coopération judiciaire internationale un facteur crucial dans la poursuite des fugitifs.
Faire face à « l’impunité »
Selon la note du bureau central français, ces données s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle stratégie visant à identifier ce que l’on décrit comme des « objectifs prioritaires », afin de concentrer les efforts de sécurité et d’améliorer l’efficacité dans la traque des personnes recherchées.
Le document indique que l’objectif final est de réduire ce que les autorités françaises qualifient de « sentiment d’impunité » chez certains suspects qui mènent des activités criminelles depuis l’étranger.


