La Commission nationale de l’aide sociale a indiqué que les familles bénéficiant de l’aide sociale directe ont été classées en cinq groupes afin de mieux comprendre leurs besoins réels, soulignant que les familles jeunes constituent la catégorie la plus importante, avec plus de 1,2 million d’unités familiales.
Elle a précisé qu’elle a adopté, au cours de l’année 2025, une approche avancée dans le classement statistique, visant à regrouper les familles bénéficiaires sur la base d’intersections précises reflétant leurs conditions de vie réelles, y compris des critères tels que l’appartenance territoriale, le genre, la tranche d’âge, la situation familiale, la composition des ménages et la scolarisation de leurs enfants.
Elle a noté que cette opération vise à déterminer les voies et les parcours d’accompagnement spécifiques à chaque catégorie, et que ce classement permet de différencier les familles qui n’ont d’autre choix que de recourir aux réseaux de protection sociale, de celles qui disposent des moyens nécessaires pour surmonter leur précarité de manière durable.
La Commission a conclu que les familles bénéficiaires ont été classées en cinq groupes, présents dans toutes les régions du royaume :
● Familles jeunes (1.209.436) : elles représentent la catégorie la plus nombreuse, ce sont des familles jeunes dont les chefs sont des individus dans la quarantaine, avec de jeunes enfants. Ces familles font face à diverses défis au quotidien, liés à la vie conjugale, à l’éducation des enfants et au poids des responsabilités quotidiennes. Grâce à un accompagnement approprié qui tient compte de ces spécificités, ces familles peuvent surmonter leur précarité vers une vie plus stable.
● Familles à un tournant (986.265) : ce sont des familles dont les chefs sont dans la cinquantaine, souvent issues du milieu rural, et qui traversent une phase de transition démographique délicate. Avec l’âge adolescent ou adulte de leurs enfants, les charges liées à leur éducation, à leur formation professionnelle et à leur intégration sur le marché du travail augmentent. Il est prioritaire de fournir le soutien nécessaire à ces familles durant cette période critique, dans le but d’assurer un avenir plus stable aux générations montantes et de briser le cycle de la pauvreté intergénérationnelle.
● Compagnons de route (964.690) : ce sont des couples âgés, vivant souvent en milieu rural, sans pension de retraite ni revenu régulier, ayant des problèmes de santé et des difficultés de mobilité, ce qui les rend vulnérables à la précarité liée au vieillissement et aux coûts des soins de santé. Pour ces familles, l’aide sociale directe constitue un filet de sécurité essentiel qui préserve leur dignité et contribue à garantir la stabilité de leur existence.
● Femmes en situation de « nid vide » (584.168) : ce sont des femmes âgées, qui ont consacré leur vie à l’aide et au dévouement, et qui vivent aujourd’hui seules. Certaines n’ont pas eu d’enfants, tandis que d’autres ont vu leurs enfants partir. En raison de leur isolement des réseaux de solidarité familiale, cette catégorie montre une vulnérabilité socio-économique croissante. La situation de ces femmes exige une attention particulière dans les politiques sociales, tout en assurant leur accès aux services de base et à la protection sociale, afin de préserver leur dignité et garantir une vie indépendante et stable.
● Personnes sans soutien (156.936) : ce sont des femmes et des hommes vivant seuls, dans des zones semiurbaines ou rurales, dans une isolation sociale nécessitant un accompagnement précis. En s’écartant de la structure familiale traditionnelle, ils sont confrontés à des facteurs d’isolement social combinés à une précarité matérielle palpable. Leur situation nécessite l’adoption de mesures d’accompagnement spécifiques, englobant l’insertion économique, la formation professionnelle et d’autres politiques ciblées, dans le but de prévenir les risques d’exclusion sociale sévère.
La Commission nationale de l’aide sociale a souligné que le lien entre le classement des bénéficiaires et les données territoriales montre que les bénéficiaires se répartissent à travers les douze régions du royaume, avec la présence des cinq catégories classées dans chaque région, ce qui souligne l’urgence d’adopter une approche d’accompagnement ciblé et précis qui prenne en compte les spécificités de chaque catégorie, quelle que soit l’appartenance géographique, afin d’assurer l’efficacité des interventions et l’équité de leur ciblage.


